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Nouveaux défis RGPD et réglementaires : ce que 2024 réserve aux acteurs du digital français

L’année décisive : le paysage réglementaire du digital en plein bouleversement

Six ans après son entrée en application, le RGPD continue d’impacter l’écosystème digital, mais il n’est plus seul à façonner les obligations des entreprises du numérique. Ces derniers mois, plusieurs réformes majeures sont venues enrichir – ou complexifier – la donne :

Pour donner une idée de l’accélération, la CNIL indique une augmentation de 35% des mises en demeure sur le RGPD en 2023, avec un nombre record de plaintes reçues : plus de 15 000, contre 12 000 en 2022 (source : CNIL).

Le RGPD en 2024 : obligations, sanctions, et priorités d’action

Si la plupart des entreprises pensent avoir (plus ou moins) intégré les obligations du RGPD, beaucoup restent exposées. Pourquoi ?

Sanctions : un cap franchi en France et en Europe

Ces chiffres démontrent un changement d’échelle : le « risque RGPD » ne concerne plus simplement les GAFAM, mais touche de plus en plus d’acteurs moyens et locaux.

Priorités et sujets émergents pour la CNIL en 2024

À surveiller : la CNIL a lancé en avril 2024 une consultation publique pour renforcer l’encadrement des cookies tiers et du programmatique, alors même que Google repousse la fin des cookies à 2025.

L’application pratique : que faire en 2024 pour être conforme ?

Quels axes concrets privilégier pour répondre à la fois aux obligations RGPD et aux nouveaux textes ? Voici une feuille de route pragmatique :

  1. Auditer la cartographie des traitements.
  2. Repasser les modalités de recueil du consentement (cookie banner, formulaires… cf. dernières recommandations CNIL).
  3. Vérifier les mécanismes de gestion des droits (accès, opposition, portabilité) – cas Yves Rocher : danger à sous-estimer.
  4. Actualiser la politique de confidentialité et les mentions d’information en fonction des « privacy notices » adaptées aux nouveaux usages.
  5. S’assurer que la sécurité digitale est alignée sur les nouvelles obligations (NIS 2), notamment pour les PME du SaaS ou de l’e-santé.
  6. Former les équipes : des outils comme le MOOC de la CNIL ou ceux de l’ANSSI sont mis à jour en 2024.
  7. Documenter le privacy by design, notamment si votre service intègre IA, analyse comportementale, ou traitement de mineurs.

Nouveaux cadres européens : DSA, DMA, AI Act… comment s’articulent-ils avec le RGPD ?

DSA – Digital Services Act

Depuis février 2024, le DSA impose à toutes les grandes plateformes (et progressivement les autres) des obligations spécifiques :

Attention : le DSA réclame la désignation d’un point de contact légal dans l’UE, y compris pour des start-ups françaises opérant à l’international.

DMA – Digital Markets Act

AI Act et décisions automatisées

Cas récents et jurisprudence marquante en France

Quelques arrêts et décisions 2023-2024 à intégrer dans votre veille :

Technologies et outils : s’adapter rapidement

Et demain ? Les points de vigilance à surveiller en 2025

À retenir pour structurer une gouvernance digitale solide

Adopter une culture de l’anticipation réglementaire, c’est se donner les moyens de gagner la confiance client, mais aussi d’éviter des sanctions financières ou réputationnelles de plus en plus concrètes. L’audit régulier, la formation des équipes et la documentation évolutive (registre, alertes, politique de confidentialité) deviennent des réflexes essentiels pour piloter la conformité… et transformer la contrainte en levier de confiance.

En savoir plus à ce sujet :

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